Dans un immeuble comme au travail, l’escalier existe déjà, ne coûte rien et ne demande aucun rendez-vous. C’est pourtant l’un des gestes de mouvement les plus évités du quotidien, souvent par automatisme plus que par nécessité réelle : on choisit l’ascenseur ou l’escalator sans même comparer les deux options, ni se demander combien de temps l’attente fait réellement gagner.
Un geste plus efficace qu’il n’y paraît
Monter des escaliers sollicite les jambes et le système cardio-respiratoire de façon plus intense, à durée égale, qu’une marche sur terrain plat. Quelques volées d’escaliers répétées dans la journée, au travail, dans un immeuble ou en sortant du métro, représentent un volume de mouvement loin d’être négligeable une fois cumulé sur la semaine, alors même qu’aucune de ces montées ne ressemble à un exercice organisé.
Trois ou quatre volées d’escaliers par jour, sur une semaine complète, représentent déjà une vingtaine de montées, chacune sollicitant davantage le corps qu’une portion équivalente de marche sur le plat. C’est un volume qui s’additionne discrètement à l’activité physique de la semaine, sans jamais figurer dans un programme d’exercice.
Pourquoi on l’évite malgré tout
L’ascenseur ou l’escalator sont souvent plus visibles, plus centraux dans le bâtiment, et ne demandent aucun effort de décision. L’escalier, lui, est fréquemment relégué dans un coin moins signalé. Ce n’est donc pas seulement une question de fatigue anticipée : c’est aussi une question d’accessibilité et d’habitude, qui se corrige facilement dès qu’on en prend conscience.
Il y a aussi une part d’image sociale, rarement formulée mais bien réelle : prendre l’escalier dans un immeuble de bureaux peut sembler moins naturel que d’attendre l’ascenseur avec des collègues, même sur un seul étage. C’est une habitude collective qui se déplace difficilement seul, mais qui s’assouplit vite dès qu’une ou deux personnes du même bureau adoptent le même réflexe.
Comment en reprendre l’habitude
- Commencer par une partie du trajet seulement, par exemple descendre les derniers étages à pied avant de prendre l’ascenseur au retour.
- Se fixer une règle simple, comme systématiquement l’escalier en dessous de quatre ou cinq étages.
- Garder un rythme modéré, sans chercher à monter vite : l’important est la régularité du geste, pas la performance.
- Profiter de la descente, moins exigeante, pour installer l’habitude avant d’ajouter la montée.
- Faire une pause si l’essoufflement devient gênant plutôt que de forcer le rythme : la régularité prime sur la performance de chaque montée.
Un petit geste qui s’additionne
Répété plusieurs fois par jour, ce choix simple s’ajoute utilement à d’autres aménagements du quotidien qui favorisent le mouvement sans y penser, comme le détaille notre article sur la reprise d’activité après plusieurs années d’arrêt. Ce sont souvent ces gestes répétés, plus que les séances ponctuelles, qui font la différence sur plusieurs mois.
L’article Escalier de Wikipédia rappelle d’ailleurs que la montée d’escalier figure parmi les activités physiques les plus accessibles au quotidien, ne nécessitant aucun équipement particulier. Pour toute douleur articulaire qui rendrait la montée des escaliers difficile ou inconfortable, mieux vaut en parler au médecin traitant plutôt que de forcer.
Ce n’est pas un geste réservé aux personnes déjà sportives : c’est justement parce qu’il ne demande ni tenue, ni trajet, ni créneau dédié qu’il convient à toutes les journées, y compris les plus chargées, où toute autre forme de mouvement paraît impossible à caser.



